Des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour le site du monastère wisigothique de Magrigul.
Ce samedi, la présentation de la découverte du site du monastère wisigothique de Magrigul a eu lieu dans l'église Santa Maria de la Ciutadella. Ce complexe, dont l'existence n'était jusqu'alors attestée que par des documents, est désormais confirmée grâce aux fouilles archéologiques menées ces dernières années. Les interventions réalisées dans le Mas de Montjoi de Baix ont permis de mettre au jour deux églises wisigothiques et plusieurs tombes.
La présentation s'est déroulée en présence de Larry Williams Pi-Sunyer, propriétaire de la ferme ; des archéologues Marcel Pujol, Xavi Aguero et Gemma Vieyra ; de la directrice du Parc national du Cap de Creus, Montserrat Pascual ; de la directrice des Services culturels territoriaux, Maria Isabel Bernal ; et, pour clôturer l'événement, du maire de Roses, Josep M. Martínez.
Les informations historiques et archivistiques évoquaient l'existence d'un monastère à l'époque wisigothique (entre les 7e et 8e siècles) au Mas de Montjoi, ce qui a maintenant été confirmé grâce à l'intervention archéologique réalisée.
Église 1. Il s'agit d'une église à nef rectangulaire et à abside semi-circulaire ajoutée. Elle possède également un petit portique sur sa façade sud et une petite sacristie.
Une série de tombes se trouvaient autour de l'édifice : des sépultures d'enfants au sud de l'abside et des tombes d'adultes au nord. Les deux sépultures d'enfants datent du IXe siècle, ce qui en ferait une église préromane de l'époque carolingienne et comtale. La sépulture d'adulte, quant à elle, date de la première moitié du VIIe siècle et nous situe chronologiquement à l'époque wisigothique.
Église 2. L'édifice est rasé, presque jusqu'aux fondations, et pillé. Le plan conservé montre clairement qu'il s'agit d'une église, avec une nef rectangulaire et une abside en arc de cercle ou en surplomb. Cette église date de l'époque wisigothique et n'a pas été reconstruite après la conquête carolingienne.
Le Mas de Montjoi de Baix
En 2020, l'arrière-petit-fils d'August Pi i Sunyer, Larry Williams Pi-Sunyer, a acheté le Mas de Montjoi de Baix pour y établir sa résidence et renouer les liens familiaux avec Roses.
La ferme était en ruines et un projet de réhabilitation a été lancé. Compte tenu du niveau de protection du Mas et de la Tour en tant que Biens Culturels d'Intérêt Local (BCIL), l'étude de la documentation graphique et les recherches historiques ont débuté en 2021, suivies des interventions archéologiques jusqu'en 2026, sous la direction du Dr Marcel Pujol i Hamelink, de Xavier Aguelo i Mas et de la restauratrice Cristina Sánchez Jiménez, avec une équipe d'archéologues, de conservateurs-restaurateurs et d'un anthropologue.
Les informations historiques, basées sur des documents d'archives relatifs au site du Mas, peuvent être divisées en trois périodes : la période la plus récente du Mas, entre les XVIIe et XXe siècles, avec une fonction agricole ; le château connu sous le nom de Magrigul, Magrivil ou Magirol, entre les XIIe et XVe siècles, avec l'existence d'une église à côté du château au XIIe siècle ; et plus loin dans le temps, on a connaissance de l'existence d'un monastère à l'époque wisigothique (entre les VIIe et VIIIe siècles).
Prochaines étapes
Les interventions et études archéologiques vont maintenant se poursuivre afin de déterminer s'il existait une troisième église du monastère wisigothique, comme indiqué dans la documentation, et d'obtenir davantage d'informations sur l'usage de chacune de celles qui ont été mises au jour.